Non au mariage pour tous !

23 février 2013 — 8 commentaireslien permanent

lamartine1848

Aujourd’hui, je propose quelque chose qui ne remet pas en jeu la souveraineté nationale mais les fondements même de notre société, quelque chose qui a de l’ambition, comme l’ont affirmé ces dernières semaines toutes les personnes opposées au projet de mariage pour tous. Je n’ai pas la même voix qu’Henri Guaino, mais mes propos y sont comparables.

Nous sommes dans un régime parlementaire.
La Ve république est un régime parlementaire.
Il arrive cependant que pour des sujets d’une importance exceptionnelle, des mouvements prennent le contrôle. La constitution permet néanmoins la liberté d’expression de chacun.

Ainsi, ce n’est pas la lettre mais l’esprit même de nos institutions qui est en cause. Nous devons donc nous accorder sur un point : ce que je propose n’a jamais été débattu. Nous devons nous accorder sur un point : par son objet même, par les conséquences qu’il peut avoir, par la profondeur des sujets auxquels il touche, ce projet n’est pas ordinaire. Ceci touche à la conscience de chacun.

L’on pourra parler d’amour.
Mais qui s’opposera à l’amour que se portent deux êtres ?

L’on pourra parler de liberté.
Mais qui pourra s’opposer à la liberté de vivre selon son cœur ?

L’on pourra parler d’égalité des droits.
Ce n’est pas le sujet, il s’agit de réformer un contrat.

L’on pourra parler de régression.
Mais la sagesse de la société a fait ses preuves, on ne saurait imposer un soi-disant progrès.

Dans quelle société, dans quelle civilisation voulons nous vivre ? Voulons-nous des enfants tous identiques, formatés ? Voulez vous nier la différence ? Voulez-vous nier la diversité du génome ?

Il y a derrière ces idées la question de la différence génétique. Voulons nous que nos enfants soient perturbés en n’étant éduqué par des personnes de mêmes allèles ? Ce serait leur nier la réalité, la diversité.

Laisser le mariage ouvert aux couples de même couleur de cheveux, c’est nier les fondements même de la diversité génétique à nos enfants. Il ne faut pas tricher avec cette question. Il ne faut pas mentir à quiconque. Ce serait trop grave.

C’est pourquoi je propose que seuls les couples de couleurs de cheveux différentes puissent se marier entre eux. Les bruns ne pourront se marier qu’avec des blondes. Les brunes qu’avec des blonds. La question du mariage est intimement liée à la question de l’enfant. Il n’y a pas d’un côté le mariage, de l’autre la procréation. Il n’y a pas un mariage différencié de la question de la filiation. Et qu’est-ce que cela signifie de vouloir donner un « droit à l’enfant » aux couples de même chevelure, si ce n’est nier les différences entre bruns et blonds ? On ne leur opposera pas le droit de s’aimer ; le mariage n’est qu’un contrat et l’amour ne peut le justifier.

Marier deux blonds, c’est impliquer un enfant qui lui même sera blond. Comment pouvons-nous tolérer un tel eugénisme dans notre civilisation ? Et comment pouvez-vous prétendre que les enfants de parents de mêmes chevelure apprendront la différence de couleur en regardant autour d’eux ? L’enfant se sentira différent des autres et cela sera, pour lui, source de douleur.

Les mots de blonds et bruns n’apparaissent nulle part dans le code civil. Ils ont en fait disparu de la société. Voilà la vérité. Plus personne ne croit qu’il y a de différence entre l’un et l’autre alors que le regard de chacun forge une différence.

Quel modèle, quels repères pouvons nous donner à nos enfants ? Que pouvons-nous leur dire lorsqu’ils nous questionnent sur les couleurs ? En mariant deux personnes de même couleurs, la chevelure de l’enfant serait intimement choisie et ne serait plus qu’un objet du désir. Choisirons nous alors nos enfants ? On pourra alors souhaiter des enfants plus beaux, plus forts, plus intelligents.

C’est une question de morale, à laquelle il faudra réfléchir. Le parlement devrait en débattre et le prochain gouvernement se devra, en rétablissant la loi naturelle, en rétablissant le mariage aux couples de sexes différents, le réserver à ceux qui auront tous leurs gènes différents. On veillera à différencier la couleur des yeux, la taille, le groupe sanguin, le rhésus, la myopie et bien d’autres. La société deviendra alors parfaitement ridicule.

Innovons !

12 décembre 2012 — 4 commentaireslien permanent

twitter

Bientôt 20 000 utilisateurs sur jappix.com, presque 100 000 téléchargements (toutes versions confondues). Jappix commence petit à petit à s’imposer en matière de communication. Pourtant, rien ne justifie réellement, pour l’instant, cet engouement vers un tel client XMPP. Ou peut-être si. Mais cela a des limites.

Une des principales raisons qui fait que Jappix est largement utilisé, tant par les professionnels que par les particuliers, est la stabilité du programme. Celui-ci étant libre, de nombreuses personnes contribuent et rapportent des bugs, des failles, souvent résolus dans la version suivante. De plus, des entreprises, des communautés et groupes de recherche (citons le CERN, le CNRS, l’université de Nantes, Sorbonne Nouvelle – Sainte Barbe) l’utilisent car ils peuvent modifier le programme, l’adapter à leurs propres besoin. Ainsi, un laboratoire du CNRS utilise Jappix Mini pour être contacté, le CERN permet aux membres du groupe de travail Indigo de communiquer entre eux, et uniquement entre eux en ayant désactivé certaines fonctions. Chaque groupe peut s’adapter, et faire avancer une certaine forme d’innovation. Parce que oui, Jappix innove, et c’est ce qui fait qu’il est largement utilisé. Nous sommes les seuls à proposer une vraie solution de communication modulable.

Mais nous pouvons mieux faire. Nous ne pourrons pas concurrencer Facebook ou Twitter. Pas à notre niveau : Google + a essayé, et même avec une innovation importante (les cercles, les hangouts, etc.), il n’y a pas eu une vague importante vers Google +. La raison est simple, les utilisateurs étant sur Facebook, sur Twitter, ils peuvent y communiquer facilement. Pourquoi aller voir ailleurs pour parler à nos amis s’ils n’y sont pas ? Il n’y a aucune raison et celles qui se disent éthiques n’en sont pas vraiment. Oui, Twitter censure, oui, Facebook surveille, tout le monde le sait, mais tout le monde utilise pourtant les services. C’est la raison pour laquelle, si nous ne créons des réseaux sociaux libres uniquement sur des principes de décentralisation (comme Diaspora* et Movim l’ont fait), cela ne peut marcher. Pour attirer un minimum d’utilisateurs, il faut innover.

Innover. J’ai essayé, il y a quelques mois, de lancer un mouvement vers l’innovation au sein de Jappix. En mars 2012, j’ai eu l’idée des articles. Il s’agit là d’une profonde modification dans la manière dont Jappix (et le protocole XMPP) fonctionnent. Mais il s’agit aussi de la seule manière de rendre Jappix connu et utilisé. Valérian, qui a eu l’idée de Jappix, souhaite étendre au maximum l’utilisation de XMPP. Le protocole en lui même n’apporte pas de grande innovation (sauf si bien sûr, on le compare à IRC), mais c’est la manière dont nous pouvons l’utiliser qui peut radicalement changer la manière dont nous communiquons. J’en arrive à l’idée des articles. Partant du principe que chaque réseau social a une fonction définie et qu’il la maîtrise, je souhaitais trouver une ligne directrice, une fonction qui différencierait Jappix de tant d’autres interfaces de communication. Pinterest permet d’épingler. Instagram permet de partager des photos prises avec un mobile. Flickr des photos tout court. Linkedin réunit des professionnels. Twitter favorise les messages courts. Et sur chaque réseau, on ne développe qu’une chose. Rien d’autre. On ne va pas partager sur Viadeo une photo de ce que l’on a cuisiné. En partie parce que l’on ne peut pas, mais aussi parce que ce n’est pas adapté à ce que viennent y chercher les gens.

Que viennent chercher les gens sur Jappix ? Les entreprises, les communautés veulent communiquer. Chacun veut pouvoir partager des choses avec les collègues, les groupes de recherche. Nous devons favoriser cela. C’est ce qui rendra Jappix unique. C’est ce qui étendra Jappix à d’autres publics, mais qui viendront toujours y faire la même chose : partager des idées.

Les articles se basent sur cette volonté de partage. Lorsque ceci sera mis en place — i.e. lorsque j’aurai un peu de temps pour le développer, que j’en aurai fini avec la prépa — Jappix sera le lieu idéal pour partager des publications scientifiques, pour les expliquer de manière succincte. Pour expliquer l’intérêt d’un produit, pour communiquer avant le lancement d’un produit, pour favoriser sa conception. En entreprise, la communication est essentielle. Dans le monde de la recherche, la communication est primordiale. Et depuis la création du mail en 1982, depuis la création du web en 1993, il n’y a pas eu d’innovation majeure en terme de communication dans ce domaine. Depuis cette époque, l’entreprise a fait du mail un des uniques moyens de communication interne et le web sert à diffuser. Changeons ceci, innovons ! Faisons de XMPP le protocole de cette révolution. Comme SMTP, comme HTTP, donnons un nouvel élan à l’internet avec XMPP ! Réinventons la communication, tel est le credo de Jappix.

Les articles donc, permettront la diffusion de messages courts (700 caractères), auxquels on pourra ajouter toute sorte de médias. Oui, certains objecterons : « la diffusion de messages est déjà permise grâce à Facebook ! » ou encore « pourquoi limiter à 700 caractères ? ». Sauf que Facebook n’est pas réellement adapté à l’usage que nous avons imaginé pour Jappix. Et la limitation a des forces. Prenons deux exemples pour justifier ces choix : un groupe de recherche souhaitant une solution pour communiquer entre chercheurs et une entreprise qui souhaite diffuser des informations sur ses produits. Le groupe de recherche pourra ainsi créer un compte XMPP pour chacun des membres, chacun expliquant de manière concise l’avancement des travaux. à ceci, il peut être possible de joindre un pdf contenant plus d’informations, des photos ou des vidéos des expériences. Le fait que chacun puisse commenter les publications des autres prend là toute son importance. Les 700 caractères permettent d’en dire assez sans perdre le lecteur dans des détails inutiles. L’entreprise voulant communiquer à propos de son nouveau produit donnera accès à chacun à tout son fil d’actualité, en expliquant l’intérêt des produits, les spécifications, sans s’aventurer dans des détails. Nous n’avons plus le temps de nous occuper des détails. Il faut avoir le maximum d’informations en en lisant un minimum. C’est l’intérêt des articles.

Tout ceci apparaîtra dans Jappix 1.0, accompagné d’une nouvelle interface et de bien d’autres fonctions moins importantes. Mais comme cela l’a été en avril 2009 quand Jappix a été le premier vrai client web pour XMPP, l’innovation sera au rendez-vous dans les mois à venir.

Jappix est et restera un projet libre

13 juillet 2012 — 10 commentaireslien permanent

le nouveau logo

Ces dernières jours, nous pouvions libre sur le web que Jappix n’était plus libre. Une communauté d’anciens utilisateurs et développeurs nous accusaient de problèmes, qui méritent quelques explications de notre part, nous, co-fondateurs, pour faire un point sur les choses.

Tout d’abord, Jappix est un projet sous licence AGPL, tout comme Movim ou Diaspora*. À notre connaissance, c’est une licence éditée par la FSF, supposée libre. Il est donc évident, tout du moins pour nous, que Jappix est un projet libre. Même si certaines parties du programme ne sont pas sous la même licence (principalement MIT pour Jappix Mini et Apache pour The Grid), l’ensemble reste libre. En effet, nous n’imaginons pas écrire des programmes non libres, à la fois par principe de respect des utilisateurs mais aussi pour la contribution possible au code. Certes, le code de Jappix Me n’a pas encore été publié, Ce sont des raisons techniques qui nous y contraignent. En effet, en permettant l’installation de Jappix Me, nous permettrons l’indexation d’un même contenu sur différents serveurs. Nous devons trouver une solution pour ne pas créer un désordre monstrueux au niveau des moteurs de recherche. Cette version n’est pas non plus exploitable : le code horrible peut être source de différends si des utilisateurs le réutilisaient car il pourrait causer des problèmes. Chaque contributeur à un logiciel libre fait des tests avant d’envoyer ses modifications. Nous en sommes encore dans cette phase de bêta. Nous avions annoncé en décembre que Me serait sous licence AGPL au maximum un an après la publication de la version de test sur Jappix.com. Nous respecterons nos engagements et nous nous engageons à ce que le code de Me soit rendu public dès que nous aurons résolu les principaux problèmes, d’ici six mois.

D’autre part, nous avons été accusés de ne pas respecter la timeline du projet. En effet, par manque de développeurs, nous n’avons pas pu tout mettre en place, ça le sera dès la 0.9.2. Des failles de sécurité (#28, #35, #98) nous obligeaient à une sortie rapide de cette version. Ainsi, il n’a pas été possible de mettre en place à temps la gestion de l’importation et de l’exportation. Ça le sera dans les prochains mois. Nous le garantissons.

Enfin, nous avions annoncé une séparation entre Jappix.org et Jappix.com. Cette séparation a été préparée depuis l’ouverture de Jappix.org en août 2011. Personne n’a été pris de cours. Dès l’ouverture de site, nous avons voulu communiquer sur une séparation entre plateforme officielle et projet. Nous somme malheureux d’apprendre que notre position n’a pas été comprise. Elle mérite de nouvelles explications. Jappix.com n’est pas qu’une plateforme de tests. Elle est largement utilisées (plus de 15 000 personnes), et baser un projet social ouvert sur une plateforme centralisée pose quelques ambiguïtés. Il était donc nécessaire d’abandonner les sites du projets basés sur Jappix.com. Ils ne correspondent qu’à une plateforme comme une autre, qui est d’ailleurs référencée comme les autres sur l’annuaire Jappix.net. La gestion de Jappix.com a toujours été confiée à Valérian. Il n’y aura aucun changement dans sa manière d’utiliser les données par rapport à ce qui a toujours été fait, si ce n’est une meilleure gestion des problèmes par acquisition d’expérience.

Jappix n’a pas changé. Nous avons juste affirmé une séparation de manière plus conventionnelle. Jappix a toujours été libre. La plateforme Jappix.com a toujours supposé une confiance en la personne qui gère le serveur. Une personne qui hier a fait confiance à Valérian gestionnaire de Jappix dans PostPro peut le faire aujourd’hui à Valérian fondateur de FrenchTouch. Celui qui a fait confiance à Julien en tant que président de PostPro peut lui faire confiance s’il gère aujourd’hui le projet Jappix.

Pour finir, Jappix est un projet qui prend de plus en plus d’ampleur. Nous ne pouvons plus gérer un projet utilisé par 50 000 personnes comme nous nous occupions de 120 utilisateurs. D’autant plus que nos travaux scolaires nous empêchent bien souvent de travailler longuement sur ce projet. Julien est en classe préparatoire maths spécialisation dans un grand lycée, Valérian suit le même cursus dans une école d’ingénieurs. Nous ne pourrons donner suite à tous les problèmes, nous espérons que vous en serez indulgents dans la manière de juger Jappix. Nous ferons aussi des efforts, et ouvrons aujourd’hui, comme annoncé à la Jappixconference, un nouveau site Jappix.org, dans le but de mieux communiquer sur nos intentions.

Les fondateurs de Jappix, Valérian Saliou et Julien Barrier.

Jappix, on arrête pas le progrès !

21 juin 2012 — aucune réponselien permanent

le nouveau logo

Ce soir marque un changement dans le projet Jappix. Un tournant dans la gestion. Aujourd’hui, Jappix.com se dote de nouveaux moyens tandis que nous sortons une nouvelle version de Jappix.

Jappix 0.9.1

Cela faisait plusieurs temps déjà que nous en parlions. Jappix.org n’est pas à jour, le site le sera dans la semaine. Nous avons décidé, dans la journée, avec Valérian, de sortir Jappix 0.9.1. Cette nouvelle version trace un pas de plus vers Jappix 1.0 qui changera totalement le programme. En attendant, voici un petit aperçu des nouveautés.

En plus des habituelles corrections de bugs, nous avons mis l’accent sur Mini. Ainsi, il est possible de trier ses contacts dans Jappix Mini, de les rechercher et plein d’autres choses. La navigation au clavier a aussi été permise dans l’interface.

Cette version n’est qu’un pas de plus vers la 1.0. J’en profite ainsi pour annoncer que le 10 juillet, j’annoncerai ce qui sera prévu pour Jappix 1.0 lors d’une conférence à Genève Tout ce qu’il faut savoir est sur cette page. C’est une conférence importante car elle marquera l’orientation de Jappix au niveau des fonctionnalités pour les années à venir. Nous changerons radicalement l’interface et les moyens de publication.

Nouvelle gestion

D’autre part, PostPro, qui maintenait jusqu’à présent le projet Jappix se sépare de Jappix.com. En effet, Valérian a créé une société : FrenchTouch, qui se chargera de la gestion de Jappix.com. Ceci ne veut pas dire que nous vendons Jappix à des commerciaux. Pas du tout, Jappix restera tel qu’il est. Uniquement la plateforme est vendue à cette société qui appliquera les mêmes règles de respect de ses utilisateurs.

La raison à ce leg est simple. PostPro n’a plus les moyens d’assurer le maintien de la plateforme Jappix.com et le nombre d’utilisateurs toujours croissant nous empêchait de gérer de manière optimale le site internet. C’est pourquoi nous avons fait ce choix. La gestion de Jappix.com se fera de manière transparente et, étant donné que c’est la même équipe qui se charge de la gestion du site internet, cela n’aura aucun impact sur l’utilisateur. Jappix.com a été vendu suivant un contrat bien défini entre les deux parties et la transition ne sera effective que le 1er juillet.

Jappix.com se dote d’autre part de conditions d’utilisations. Celles-ci sont visibles sur legal.jappix.com. Elles ne prendront effet que le jour auquel Jappix.com sera laissé à Valérian Saliou, c’est à dire le 1er juillet. D’ici là, il est possible de nous contacter pour discuter de ces règles et éventuellement les modifier. Nous ne souhaitons décevoir aucun utilisateur.

Tout se fait uniquement dans l’intérêt de Jappix. La sortie d’une nouvelle version ainsi que la transition du service n’a qu’un but : permettre à Jappix d’aller plus loin.

Cyril a par ailleurs quitté son poste d’administrateur du projet aujourd’hui, suite à plusieurs mal-entendus sur la timeline.

Vers le web 3.0

26 avril 2012 — 2 commentaireslien permanent

twitter

De plus en plus, nous entendons parler du web 3.0. On l’appelle parfois web sémantique. Parfois web des années 2010. Mais, après la génération 2.0, que sera le web 3.0 ? Peu de monde comprend le principe du web 2.0, pourquoi introduire un nouveau concept ? Je vais essayer de fournir quelques réponses, la plupart se basant sur ma conception des réseaux sociaux, de ce que m’a apporté la gestion du projet Jappix.

 

I. Le web, qu’es aquo ?

S’il faut comprendre quelque chose d’essentiel, avant de commencer, c’est qu’internet n’est pas le web et le web n’est pas internet. Internet n’est qu’un réseau de machines interconnectées. Le grand public, généralement, n’utilise pas toutes les possibilités permises par internet. Le web, quant à lui, est une partie d’internet. Le web permet la connexion de différentes pages, et à travers ceci, de différentes personnes. Je ne m’étendrai pas plus sur les différences, j’ai déjà traité de ce sujet dans un article en début d’année: Comment Google a tué le web ?

Essayons cependant de définir les différentes versions du web. On parle souvent du web 2.0. Encore faut-il qu’il y ait eu un web 1.0. À quoi servait-il ? Quelle était son utilité ? Que permettait-il ? Ou plutôt, que permet le web 2.0 et qui n’était pas possible à l’époque du web 1.0 ? Tout ceci nous permettra de mieux envisager le web 3.0.

Avant le web, on pouvait faire plein de choses avec internet, mais accéder à des documents distants était difficile. Il fallait se les envoyer par mail et on ne pouvait pas les lire directement en ligne. C’est ce qui a poussé certains scientifiques au CERN à inventer le web. Ils avaient juste besoin de mieux indexer leurs publications scientifiques, et de créer quelque chose qui leur permettrait d’aller chercher des documents sur n’importe quel machine. Début des années 1990, le web est né. Ce n’était pas très sophistiqué mais c’était déjà énorme. À l’époque, personne n’appelait ça web 1.0. Ni même web. Les scientifiques du CERN avaient inventé le protocole HTTP et le format HTML. C’était ceci, le web. Afficher des données HTML, tel est le but de l’HyperText Tranfer Protocol (HTTP). HTML permet, lui, de mettre des textes en forme, de les structurer à travers une sémantique propre. Je pense que comprendre ceci est important car c’est ce qui définit encore le web et ce sur quoi le web 3.0 se basera.

Rien n’était facile dans les années 1990. On ne pouvait pas, au début, interagir avec les pages web. On se contentait de lire, ou de diffuser. Rien de plus. Au fur et à mesure, l’usage a eu besoin d’évoluer.

Ainsi, on a vu naître au début des années 2000 le web 2.0. Ce nouveau web fait interagir serveurs et utilisateurs. C’est en quelque sorte le web de la communication. Cependant, ceci n’est pas né d’un seul coup, et même si l’on ne parlait pas de web 2.0  avant les années 2000, certains usages y ressemblaient. Néanmoins, ce n’est que dans les années 2000 que l’usage s’est développé, que la publication sur internet a été facilité. Interagir avec un contenu et discuter facilement sont deux des caractéristiques du web 2.0. Ainsi, les forums, réseaux sociaux, blogs font partie de cette nouvelle génération, de cette nouvelle décennie. Le webmaster n’est plus responsable du contenu. Le plus souvent, il n’en ajoute même pas, mais ce sont les utilisateurs qui le génèrent.

Même si la technique a légèrement évolué, c’est surtout l’usage qui qualifie le web 2.0, et non les possibilités techniques. En effet, nous n’utilisons le web pour communiquer que depuis les années 2000. Évidemment, le mail permettait avant de communiquer avec les autres, mais ça, ce n’est pas du web. Et, même si PHP, le langage de programmation à l’origine du web moderne, est apparu en 1994, les principales plateformes du web 2.0 sont sorties dans les années 2000. Par exemple, WordPress, célèbre moteur de blog, a été créé en 2003, les forums de discussions ont connu un essor en 2001, les réseaux sociaux sont apparus à partir de 2004. Cette transition du web 1.0 vers le 2.0 s’est ainsi faite progressivement. C’est l’usage qui détermine tout ceci, au fil des générations, des décennies.

En 2012, nous sommes donc au milieu de deux époques. La troisième décennie du web a commencé et nous pouvons avoir une vision globale de ce qui s’est passé pour mieux envisager ce qui évoluera.

 

II. Connectons nous !

Une des avancées majeures en matière de communication sur le web a été les réseaux sociaux. Aujourd’hui, on s’aperçoit que ce sont les sites les plus visités. Facebook et Twitter dominent le marché et réunissent en leur sein un sous-web. Il est donc évident que le web 3.0 se basera sur les réseaux sociaux. La migration vers le futur du web se fera donc dans ce sens en connectant les utilisateurs entre eux. Aujourd’hui, les réseaux sociaux nous ont permis de nous connecter, de nous rassembler. Chaque internaute est désormais relié avec un autre par l’intermédiaire d’une machine. Nous pouvons tous partager, à travers un réseau unique, des informations et des données sociales. Mais tout ceci n’est que du web 2.0. Les réseaux sociaux ne se basent, actuellement, que sur une technologie qui existait déjà dans les années 2000. Il faut donc aller plus loin, connecter l’ensemble du web, non pas entre individus, mais rapprocher les plateformes, les mettre en relations. C’est ceci, le web 3.0.

En 5 ans, les réseaux sociaux sont devenus incontournables sur le web. En effet, ils ont amélioré la manière dont nous avons des relations avec autrui, nous ont rapproché. La communication est devenue plus facile, plus pratique et a pris une nouvelle dimension.

De plus en plus, nous tendons à nous connecter aux réseaux sociaux dès que nous allumons notre PC. Certains consultent même Facebook ou Twitter avant même leurs mails. Tout ceci montre que la communication publique est plus importante que la communication personnelle. Même si communiquer avec une personne, lui expliquer ses idées, dialoguer est important, on se rend compte que de plus en plus, cet usage tend à s’effacer sur le web. Mais c’est aussi car la capacité sociale de l’homme s’adapte au milieu extérieur. Nous pensons à travers tous les liens sociaux que nous avons tissé dans le passé, nos actions ne sont que le reflet de celles des autres, et c’est pourquoi nous préférons communiquer à travers ce tissu social. Chaque lien, chaque nœud n’a plus d’importance, du moment que la toile est protégée. Là est la spécificité des réseaux sociaux.

Cependant, connecter les personnes entre elles n’est pas suffisant. Il faut aller plus loin dans cette connexion. En effet, étant sur Twitter, je ne pourrai pas avoir accès aux informations d’un utilisateur de Facebook et réciproquement. La dimension sociale des réseaux sociaux est là altérée. En définitive, les plateformes sociales nous privent de certains contacts et nous renferment, censurant parfois des messages. Bref, la communication est corrompue. Connecter les interfaces devient alors nécessaire. Peu importe le réseau social utilisé, nous devons pouvoir accéder à toutes les données. Bien entendu, ceci n’est pas valable uniquement pour les réseaux sociaux mais pour le web en général. Chaque information doit pouvoir être accessible sur le web, n’importe où. On me dira que c’est déjà le cas. Oui et non. Ce sont les serveurs qu’il faut connecter entre eux. Permettre à une information de traverser le web entier pour se retrouver sur un autre site et ainsi profiter à l’utilisateur.

La connexion sociale sera le fait de pouvoir utiliser des données qui sont sur d’autres sites internet, pouvoir les rechercher, les récupérer plus facilement. En connectant sites, serveurs, protocoles. Tout doit être mêlé pour fonder le web 3.0. Néanmoins, il ne faut pas changer les usages. Ceux-ci sont correct et doivent déterminer le futur, non l’inverse. Le web ne sera jamais uni, il y aura toujours des milliards de sites internet et c’est ce qu’il faut. À fonctions similaires, voir identiques, la diversité aura quand même toute son importance, seulement les plateformes doivent être connectées.

 

III. Fonder le web 3.0

Beaucoup assimilent le web 3.0 au web sémantique. Même si la sémantique joue pour beaucoup dans la construction du web 3.0, ça n’est pas l’aspect principal qui est déterminé par l’usage. Intéressons nous alors au web sémantique pour mieux comprendre la mise en place du nouveau web. Constatant que le partage de données et d’informations était devenu nécessaire, le W3C a défini des normes dans le partage des informations. Ainsi, le web sémantique partage des données formalisées en les mettant en forme d’une manière spécifique. Au lieu de laisser des informations dans un texte, on peut ainsi partager différents éléments de manière sémantique.  Des balises définissent des normes, la manière dont les informations sont rentrées est aussi définie. Dès lors, des données postées sur une page peuvent être exploitées sur d’autres sites internet. Le HTML5 permet beaucoup de ces choses en améliorant la séparation du contenu et du reste (menus, entête et pied de page notamment). Le XML jouera une place importante dans l’aspect technique du web sémantique car c’est en XML que sont définies les balises permettant de renseigner un certain type d’information. Ce sont de tels langages qui sont à la source d’une connexion plus importante entre les périphériques, entre les plateformes.

Cependant, le web 3.0 ne se limitera pas au web sémantique. L’aspect sémantique n’est que la technique du web 3.0. Tout le monde ne crée pas son site web et c’est pourquoi restreindre le web aux techniciens serait le limiter. L’usage du public ne sera pas sémantique. Celui-ci se contentera de rentrer des informations dans des formulaires et les retrouvera sur une multitude de plateformes. En fait, le web sémantique n’est que la partie cachée de l’iceberg.

Le web 3.0 sera plus social qu’actuellement. Ainsi, les réseaux sociaux seront connectés entre eux, grâce à des API plus avancées. On peut remarquer que Facebook, Twitter, Flickr, Google +, Youtube et j’en passe, proposent tous de se lier avec d’autres réseaux sociaux. On peut ainsi facilement publier sur sa Timeline de Facebook l’ensemble du contenu que l’on a épinglé sur Pinterest par exemple. Néanmoins, ces fonctionnalités qui se basent sur les API ne sont sûrement pas un exemple de ce que je vois comme le web 3.0. En effet, en utilisant ces fonctionnalités, on publie directement sur un site externe et l’information est placée à deux endroits différents. Et, malheureusement, ce n’est pas le site externe qui affiche un contenu sans qu’il soit sur son serveur.

Selon moi, le web 3.0 permettrait de lier des données sans les enregistrer à plusieurs endroits. Les informations ne seraient enregistrées qu’à un endroit et chaque service se baserait sur toutes ces données pour afficher celles qu’il souhaite. Il faut donc normaliser ceci. Certaines choses ont été faites avec le XML et le HTML5, mais il faut aller plus loin.

Un exemple que j’aime prendre est celui du projet Jappix duquel je suis co-fondateur. Jappix est une plateforme sociale qui se base sur le protocole XMPP. Ainsi, une entrée publiée dans Jappix est envoyée sur le serveur XMPP choisi et d’autres plateformes peuvent récupérer les données. C’est le cas de Movim qui utilise aussi XMPP. Je pense que c’est un protocole qui permettra bien des choses en somme, mais un autre peut être utilisé. L’essentiel est qu’il soit normalisé. L’inconvénient est qu’XMPP n’est pas, à la base, fait pour le web et même si Movim, Jappix, Facebook, GTalk et d’autres l’utilisent, ça n’est, à l’heure actuelle pas un protocole dédié au web mais juste aux échanges sociaux.

 

Tout ceci évoluera et, au sein de Jappix, nous essaierons de participer à un changement. Le web 3.0 n’est pas totalement défini, l’usage déterminera précisément ses caractéristiques. Je vous donne donc rendez-vous dans 10 ans pour un bilan et pour imaginer, ensemble, le web 4.0.